La République a toujours été attachée à l'Asile. Souvenons-nous des débats enflammés dès février 1791.
" La proposition qui vous est faites touche à une des plus grandes questions du droit public ! " affirme le député Regnaud Saint Jean d'Angely.
Et Robespierre de surenchérir : " Il s'agit de la plus grande question de droit public , car elle a pour enjeux de déterminer quels sont les droits et les devoirs réciproques des nations ! "
" La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme ! "
Et nous savons à quel devoir impérieux est appelé le peuple citoyen : " Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. "
Saint Just peut ainsi conclure : " Le peuple français (…) offre l'asile aux grands hommes, aux vertus malheureuses de tous les pays ! "
Tout naturellement la Constitution du 24 juin 1793 affirme que le peuple français " donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la Liberté ! "
De cette tradition, la France est en train de divorcer.
" France ! Qu'as-tu fait de ton Asile ? "
Depuis le sommet de Tampere en 1999, proclamant la nécessité de rapprocher les législations nationales, tout n'est qu'abandon !
La mise en œuvre de cette politique européenne s'est traduite par l'harmonisation des procédures et des standards. La définition d'un statut européen du réfugié, la mise en œuvre de politiques restrictives en matière d'asile et d'immigration résonne comme la fin de la tradition républicaine de l'asile en France.
Cet abandon a tout naturellement été consacré par les deux dernières lois en la matière, celle du 10 décembre 2003 et celle du 25 juillet 2006.
Comment l'accepter ?
Nous devons - plus que jamais - réaffirmer solennellement notre attachement à la grande tradition républicaine française en matière d'asile.